Aux culs-bénits

Aux culs-bénits

« Eh, vous !
Oui, vous, là, les culs-bénits (avec au bout un « t » de dérision, comme dans « eau bénite »), et vous, les grenouilles de bénitier, et vous aussi, les qui-ne-pratiquent-pas-mais-qui-pensent-qu’il-y-a-quelque-chose-qui nous-dépasse, c’est à vous que je parle ! »

Cavanna, Lettre ouverte aux culs-bénits

Ras-le-bol des culs-bénits. Hommes ou femmes, laïcs ou religieux, conservateurs ou progressistes. Ce sont toujours les mêmes couleuvres professées, tirées du même « Livre sacré ». Un peu trop facile de tirer un trait sur un passé criminel au nom d’un Dieu trois fois Saint ! Un peu trop facile de tirer un trait sur le massacre des Saints Innocents ! Un peu trop facile de tirer une larme sur les absurdités ingurgitées par nos parents. Au nom d’une foi combien de fois ignorante, mensongère et délirante…

Franchement, quel âge avez-vous, quelle formation, quel type de raisonnement ? Pour admettre encore l’inadmissible, pour perpétuer encore un système mortifère ? De quel Dieu comptez-vous encore nous abreuver ? À partir de quelle nouvelle représentation ? Avec quelle « science de Dieu » ? Des catholiques en liberté, des féministes catholiques, des femmes évêques… ? Depuis quand fait-on du neuf à partir d’une vieille imposture ? Depuis quand professe-t-on une vérité à partir d’un mensonge originel ?

Le vrai Jésus ? Le vrai christianisme ? Le vrai Dieu ? La vraie Église ? La vraie interprétation de la « Parole de Dieu » ? Vous êtes vraiment sérieux ? Faites-vous vraiment fonctionner votre cerveau ? Êtes-vous véritablement entré dans la modernité ? Dites-moi, depuis quand la religion est-elle oeuvre de progrès et de justice ? Depuis quand émancipe-t-elle ? Depuis quand guérit-elle ? Depuis quand est-elle source de « paix et d’amour » ? Franchement, vous me faites de la peine, de vous voir encore perpétuer de telles chimères.

Pas seulement pour vous, pour nos enfants d’abord. Parce que vous n’êtes pas un exemple. Parce que l’histoire a montré combien il pouvait être dangereux de penser contre vous, par soi-même. Parce que vos superstitions au nom des dieux n’ont que trop duré déjà. Parce qu’il n’est pas raisonnable de croire encore au Père Noël. Parce qu’il n’est nul besoin de religion pour vivre honnêtement sa vie. Au fond, conservateurs ou progressistes, vous êtes, encore et toujours, ces mêmes marchands d’illusions…

Vous êtes des ventriloques, vous continuez à faire parler vos dieux. Des dieux anthropomorphiques, à votre image. Selon vos propres convictions du moment, délaissant encore ce que la raison ne saurait plus admettre. Tels d’irréductibles gaulois, vous cherchez à conserver un fond de certitude. Mais, en matière de « foi », ne voyez-vous pas qu’il en a toujours été ainsi ? Les trois monothéismes traversent les mêmes dérives, les mêmes réformes, les mêmes errements au nom de leur foi « immuable ».

Chrétiens, redevenez sérieux un instant. La Bible est un ramassis de mythes et de superstitions. L’Église une secte parmi tant d’autres. Jésus un agitateur comme l’humanité en a connu des milliers. Vous en avez fait un Dieu, un Christ, un Frère hérétique, un révolutionnaire soi-disant ressuscité, Vous l’avez mis à toutes les sauces et toute l’histoire déplorable de la chrétienté a été justifiée en son Nom. Mais, en vérité, vous ne savez rien de lui. Vous ne l’avez jamais vu ni entendu. Il n’a rien écrit de son vivant. Il attendait, dit-on, le « Royaume des cieux » sur terre… Seule l’Église aura repris le flambeau, perpétué cette chimère en son Nom.

Depuis, « Jésus annonçait le Royaume, et c’est l’Église qui est venue » (Alfred Loisy, excommunié). Et « Hors de l’Église, point de Salut » (« Saint » Cyprien). Ainsi commencèrent les abus de pouvoir sur les consciences et sur les corps. Ainsi, les femmes furent comptées pour rien. Ainsi, commença le conditionnement au nom des dieux. Au point où certaines femmes pensent faire la révolution en restant sous le joug d’une imposture millénaire. Elles restent fidèles, quand la plupart sont déjà parti(e)s. Quand la plupart ont repris leur vie en main, conscient(e)s que la vie se déploie sur son propre chemin d’humanité. Conscient(e)s qu’il n’est nul besoin de dieux imaginaires, de Livre chimérique, de « directeur de conscience ».

Alors oui, plus que jamais, ras-le-bol des culs-bénits. Après 2000 ans de mensonges et de violences, il ne suffit plus de déplacer encore une virgule. De réinterpréter un Texte fumeux, d’exhumer enfin de votre imaginaire le « vrai » Jésus. Les temps ont changé, la modernité a fait son oeuvre. La raison s’est émancipée de votre foi. Il n’est nul besoin de perpétuer encore des illusions dangereuses, seulement de redonner à l’être humain son entière liberté. Il n’est d’autres certitudes que celles vécues à l’intime, par-delà les siècles et le lieu hasardeux de notre naissance.

Alors non, je ne peux pas me réjouir devant les dernières réformes de votre religion. Toujours entamées sous la contrainte, dans l’espoir de perpétuer encore une prétendue Vérité. Alors non, je ne peux me réjouir qu’une femme veuille devenir diacre, prêtresse ou évêques. Sous le prétexte fallacieux d’égalité avec un clergé exclusivement masculin. L’égalité dans la soumission est une servitude. L’égalité devant une chimère est une illusion. Deux mille ans que vous nous parlez des dieux, d’appel, de vocation, de discernement. Tantôt des hommes, désormais des femmes…

Toujours au nom de Yahvé, du Père ou d’Allah. Ras-le-bol de vos conneries, l’égalité véritable mérite infiniment mieux que vos catéchismes désuets…

Pascal HUBERT

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5 réponses sur « Aux culs-bénits »

  1. Je crois que tu mélanges trop foi et religion, Pascal. Alors que ça n’est pas du tout la même chose.
    Si certains croyants (hélas une majorité) ont ce travers aussi, c’est essentiellement parce qu’ils croient plus dans le clergé donc dans la religion qu’en Dieu véritablement.
    Croire en Dieu n’est pas religion, mais foi.
    Et c’est un parcours personnel qui est hors religion.
    Qui est une rencontre intérieure et qui n’obéit pas aux codes religieux.

    Je ne crois pas en Dieu sur la base de la Bible ou de quelque livre saint.
    Je crois en Dieu parce que ce que je vis dans mon âme, dans mon intériorité chaque jour est fabuleux et que je me rends compte à quel point chaque humain est aimé et accompagné et considéré.

    La foi religieuse c’est la foi en un clergé, en un ensemble de dogmes, c’est une soumission à un pouvoir temporel humain et pas du tout à Dieu.
    La foi tout court, c’est déjà t’accepter toi en tant que personne, dans ta complexité, ta part d’ombre comme ta part de lumière et comprendre que l’une et l’autre forment un équilibre et pas une dualité.
    C’est découvrir la part divine en soi et comprendre que l’acceptation de soi permet d’accepter les autres et donc aussi de les aimer. Qu’on part toujours de l’intérieur pour aller à l’extérieur et pas l’inverse pour avancer véritablement et être, développer de l’harmonie autour de soi. Sinon c’est de l’artifice, quelque chose de superficiel et de faux au final qui créée une illusion qui peut durer longtemps (aussi longtemps que tu n’es pas prêt à te considérer toi), et qui finit par se retourner contre toi si tu restes dans la fuite et le déni de toi-même.

    La foi, c’est un cheminement, c’est une rencontre libre aussi. Ce n’est pas du conditionné ni du conditionnel. Il n’y a pas de jugement, il n’y a pas de cahier des charges non plus. C’est un chemin qui est différent et unique pour chacun. Qui a son propre rythme, qui se fiche du temps, de l’âge, du physique, du statut social, de ton niveau d’études, de tout ce qui généralement a une importance dans la vie matérielle que nous vivons.

    Ce que tu appelles les culs bénits, se sont ceux et celles qui ne parviennent pas à envisager Dieu hors du clergé et d’une instance matérielle et humaine qui leur dit quoi penser, comment et pourquoi.
    Mais ça n’a rien à voir avec Dieu. Ca a plus à voir avec un code social, une habitude sociale, une superstition érigée en croyance, une peur de la confrontation à soi, au silence, au néant et à l’immatérialité de Dieu.
    Ca je l’ai compris après ma NDE.
    Ca m’avait fait une espèce de déclic tellement Dieu tel que rencontré dans la NDE était différent des représentations religieuses et de tout ce que les clergés de toutes les religions en disent.

    Dieu est tellement hors cadre et la foi en Dieu est tellement hors cadre…

    La foi crée une unité en soi, réunit et participe du bien-être profond humain en lui-même et avec les autres. Il n’y a pas de conditionnement. Mais un approfondissement de soi par l’acceptation pleine et entière. Ce qui permet d’accepter les autres pareillement.

    Alors que la religion sépare, active la dualité, le jugement, la séparation, la honte, la peur de soi, des autres, le sentiment d’indignité. Dans un but de soumission et de dépendance à une organisation humaine présentée comme si elle était Dieu, tout en étant la plupart du temps dans un comportement criminel et abusif et bien peu divin, contraire aux préceptes enseignés.

    On est donc dans deux mondes très éloignés l’un de l’autre.

    Jésus a tenté d’expliquer le message qu’il donnait dans une démarche de foi et non pas de religion.
    Mais son message a été instrumentalisé pour retourner dans une conditionnement religieux.
    Et c’est tout le problème.

    Ce n’est pas le seul message profondément spirituel qui est comme ça détourné par les religions pour soumettre les individus et non pour les émanciper. Tu retrouves ça dans toutes les religions. Parce que l’humain n’arrive pas à sortir du cadre et du conditionnement.

    Tant que les gens confondront foi et religion et les uniront ensemble, ils n’accèderont pas à une dimension spirituelle réelle mais juste à de la croyance qui fabrique de la vraisemblance spirituelle mais qui n’est pas la foi ni la spiritualité. Ca c’est un truc que j’ai compris il y a quelques années.

    Pendant un long moment, j’ai cru que la phase religieuse pouvait être une étape, une sorte de mise en bouche pour accéder à une spiritualité de plein pied. Mais j’ai de plus en plus l’impression que les religions constituent davantage un détournement et un conditionnement qui égare, qui maintient l’humain à la surface des choses, qui l’éloigne de lui-même, qui par le conditionnement, sépare et divise au lieu d’unifier, ce qui repousse une vraie rencontre avec soi comme avec Dieu, à l’opposé d’un marche-pied vers la spiritualité. Sans doute parce que le lien à Dieu est si différent de nos représentations matérielles humaines que tant que ça n’obéit pas à des représentations matérielles humaines, ça fait trop peur d’y aller à beaucoup d’humains.
    Il faut donc des circonstances particulières pour oser entrer dans une démarche de foi hors religions.

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      1. Oui, mais si réellement tu connais la différence pourquoi tu restes englué dans ce schéma en unissant religion et foi ?
        Qu’est-ce que ça t’apporte de reprendre les deux termes ensemble à ton compte?
        La foi n’est pas un piège, c’est un chemin intérieur. Ca n’est un bouche-trou que si la personne est en fuite d’elle-même ou dépose sa foi entre d’autres mains que les siennes (que ce soit une religion, une secte, un parti politique, une fausse croyance quelconque). Si elle creuse véritablement qui elle est en tant que personne, en tant qu’âme unie au corps et à l’esprit, la foi prend tout son sens. Tu le sais aussi bien que moi.
        Ce qui est important, c’est ton cheminement.
        Celui des autres leur appartient.
        Ok, chaque religion va tromper et illusionner et détourner un max de gens d’une voie intérieure spirituelle véritable. Mais à partir du moment où les gens sont adultes, ils ont les moyens intellectuels, spirituels et la capacité de s’en rendre compte à un moment donné de leur parcours. S’ils ne changent pas, c’est qu’ils ont encore du chemin à parcourir intérieurement en religion pour comprendre certaines choses. Quitte à répéter les mêmes blessures et à se cogner les mêmes difficultés plusieurs fois car l’humain pour apprendre répète.
        Et il n’est pas en ton pouvoir ni du pouvoir de quiconque de faire le chemin à leur place.
        Dieu leur parlera quand même et ne va pas les discriminer pour autant.
        Il fait avec nos errances, nos faux-semblants, nos peurs. Toujours. Peu importe où nous en sommes.
        Ce qui est d’ailleurs très rassurant. Car il n’y a pas de jugement. Mais un amour inconditionnel.
        Nous vivons un moment bascule où un certain nombre d’entre nous expérimente une autre voie spirituelle, qui ne passe ni par la religion ni par une secte mais par l’exploration de notre intériorité.
        Et un travail intérieur qui à la fois répare nos blessures, nous permet d’identifier nos conditionnements et de les analyser, de sortir de ce que nous activons de négatif et des choses négatives extérieures aussi, travaille différentes questions sur la vie, la mort, la dimension spirituelle, le monde, comment aller vers plus de quiétude, d’unité en nous-mêmes et avec les autres…comment faire émerger en nous et socialement une société plus fraternelle, plus égalitaire, plus respectueuse aussi, plus émancipée des violences et dominations. Et nous verrons je pense de plus en plus de gens dans ce type de cheminement spirituel dans les prochaines années.
        Je pense qu’il se produit une forme d’accélération de prises de conscience de ce type, à différents niveaux et selon différentes modalités sur la planète, qui correspond à un changement de paradigme et de société humaine.
        Un certain nombre de personnes parce que construites sur un schéma de dépendances diverses et variées assorties de peurs, n’entreront pas dans ce type de parcours. Parce que ce type de cheminement les place en insécurité majeure. Et contredit trop leur construction, leur éducation.
        Mais nous voyons aussi plein d’autres personnes qui osent aller dans cet inconnu et qui, j’en suis sûre, participent à l’avènement d’une nouvelle société. Sans pour autant faire des choses extraordinaires mais simplement en travaillant sur l’être et non plus sur le paraître.
        Alors, inutile de rester à gémir sur les vieux schémas impériaux, sur les tentatives de cloisonnement de la foi aux seules religions. Nous avons mieux à faire et à construire, tu ne crois pas?

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  2. De mon côté, j’ai suffisamment séparé la foi de la religion et la NDE m’a aidée à faire cette coupure nette entre les deux pour ne plus être gênée par le mot. Pour moi, la foi que j’ai n’a rien à voir avec la religion. Et ce qui relève réellement de la foi, n’est pas religieux mais profondément spirituel. J’en ai fait l’expérience physique et spirituelle extrême via la NDE.
    Ceux et celles qui ont du mal à séparer les deux termes sont encore très souvent, du moins je trouve, trop attachés et formatés selon l’idée que la foi ne peut être que religieuse. Alors que c’est une fausse croyance. Les athées ont la foi. Même s’ils ne le verbaliseront pas comme ça ou que le mot va leur faire peur. Mais ils ont la foi. Tout le monde l’a. Après c’est à chacun à en prendre conscience sans pour autant y plaquer un sens et un cadre religieux.
    La foi dont parle Jésus n’est pas la foi religieuse, c’est la référence à l’intériorité de chacun. A cet élan intérieur. Quand il dit: « va, ta foi t’a sauvé ». Ce n’est pas une foi dans la religion, mais une foi dans la capacité que chacun a d’être véritablement. Et de sortir des conditionnements et des enfermements intérieurs et extérieurs, de sortir de sa zone de confort aussi, faire un pas de côté finalement, oser.
    C’est ça la foi.
    Ca ne relève pas du mental, ni du matériel. Ca relève d’une énergie qui te traverse et qui t’étreint et te pousse à exister pleinement, à ta pleine mesure. Ca devient une nécessité intérieure. Et qui n’a pas besoin d’un gourou ou d’une religion pour se développer. Juste d’une reconnexion à notre moi profond.
    Mais c’est tellement tentant d’y plaquer du religieux pour certains…

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