L’aventure humaine

L’aventure humaine

« L’âme… je n’emploie jamais ce mot. Je lui ai substitué le spirituel. En dehors de toute croyance religieuse, ce mot désigne pour moi :

– l’aventure de la connaissance de soi,
– la mutation de la naissance à soi-même,
– l’observance d’une éthique,
– le besoin de s’élever, de faire grandir le meilleur de soi. »

Charles Juliet, Gratitude

Longtemps, j’ai porté en moi l’enfant mutique que j’étais. De telle sorte que le quotidien me pesait infiniment et que l’angoisse me rongeait jour et nuit.

Un long et solitaire travail de sape aura été nécessaire pour sortir de la confusion dans laquelle je me trouvais plongé sans en comprendre alors l’origine. Marchant à contre-courant dans l’espoir insensé de sortir du silence, nombre de fois je penserai faire fausse route.

Ainsi, lorsqu’il fallut remettre en cause mes parents et admettre qu’ils avaient été la cause de mon envie de mourir jeune. Il me semblait alors faire œuvre de trahison et d’ingratitude. Pourtant, tiraillé entre vivre enfin ou survivre tel un raté, il me fallait poursuivre.

Ainsi encore de la religion catholique inoculée dans ma chair dès le berceau. Il me fallut admettre qu’elle avait participé grandement à mon enfermement. Loin de m’ouvrir à la vie, elle venait saper mes dernières forces vitales. Exacerbant ma culpabilité, brisant ma liberté de penser, me poussant au sacrifie par amour pour Dieu, me renvoyant sans fin à ma médiocrité.

Je garde de ces années d’enfer un être profondément fracturé, une fragilité sans doute inguérissable, une énorme difficulté de me fier à autrui. Mais, contraint de descendre au fond du puits, je suis aussi plus lucide, je connais mieux la nature humaine et ses méandres, je sais mieux rejoindre autrui au cœur de sa propre souffrance.

Je sais d’expérience les luttes qu’il lui faut mener lorsque, confronté à de terribles épreuves, il lui faut trouver le chemin pour sortir de sa nuit.

Pour ceux qui n’y ont jamais été confrontés, cette lutte harassante avec les ténèbres paraît invraisemblable. Elle l’est aussi pour celui qui doit affronter la tempête sans boussole. Elle est pourtant d’une réalité écrasante et de chaque instant qui ne saurait tromper celui qui la vit.

Aujourd’hui que j’ai déterré la parole, je la sais parfois tranchante et sans concession. Elle a la fougue de celui qui a cru qu’il en serait privé à jamais. Elle a la vitalité de celui qui étouffait sous le poids du silence. Elle a la lucidité de celui qui voit désormais le mensonge criminel répandu par ceux qui ont pourtant autorité aux yeux de l’enfant : ces parents maltraitants et ces religieux imposteurs qui refusent de se remettre en question, préférant vivre confortablement assis dans le déni de leur mensonge.

Aussi, je dis à tous ceux qui crèvent de ne pas vivre : n’abandonnez jamais, personne n’a le droit de vous tuer une seconde fois. Vous avez une vie et elle vous appartient !

Pascal HUBERT

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