Je sais les luttes qu’il te faut mener

Je sais les luttes qu’il te faut mener

Je sais les luttes qu’il te faut mener
Non pas contre les autres, comme trop longtemps cru, mais d’abord contre toi-même
Je sais l’étau qui se referme sur le cœur, à en crever de solitude et de douleur
Je sais le poids des jours qui, sur tes frêles épaules, pèse des tonnes
Je sais la confusion et ces idées folles qui te submergent et semblent ne jamais finir

Je connais ces éclaircies qui au lieu d’être une bouffée d’air te renvoient plus douloureusement en enfer
Je connais ce monde hostile qui t’habite et te rend étranger à toi-même et aux autres
Je connais ce harcèlement qui t’oppresse jour et nuit et te fait dire que tu ne mérites pas de vivre
Je sais cette voix infernale, telle une musique obsédante qui sans fin te condamne

Renoncer à tout savoir, tout désir, toute espérance et marcher de nuit à la dérive…

Je sais les luttes interminables qui se jouent et se rejouent en toi
Exténuantes, meurtrissantes, obsédantes, te laissant sans répit, à la recherche éperdue d’un « tu ne sais quoi »
Tes larmes pour toute consolation, l’alcool pour colmater les brèches, la pensée du suicide pour adoucir tes jours, telle l’ultime porte de sortie
Te voilà laminé, jeté au fond du trou, dans une nuit obscure qui ne doit jamais finir

Tu perds tes repères, tu quittes le rivage et ta barque prend l’eau de toute part
Ton savoir, tes illusions, tes projets et désirs, tout est jeté par le fond
Tu es seul, loin de tes semblables, face à toi-même, mutique, incapable de comprendre ce qui t’arrive
Tu ne peux rien devancer, tu ne sais plus rien désormais, tu as perdu tes illusions
Quelle réputation ? Quel idéal ? Quelle image vouloir sauvegarder encore ?
Tes mains sont vides, ton être est un bois mort et il te semble avoir quitté le monde des vivants

Tu ignores encore que la mutation est en marche, que la destruction de ton embarcation permettra seule ta renaissance, que tu retourneras un jour auprès de tes semblables

Mais il te faut d’abord mourir, te connaître enfin pour t’unifier peu à peu
Il te faut remonter les mots enfuis, rejoindre la blessure cachée, déterrer le secret qui te ronge nuit et jour
C’est alors seulement, c’est seulement à ce prix que toi seul connais, que tu peux espérer renaître, ne plus te fuir

Et enfin, chose incroyable, enfin t’aimer en vérité, intégralement, pour la première fois

Tu sais mieux qui tu es, tu n’as plus rien à prouver, la vie est devenue plus légère
C’est alors que la petite voix meurtrière s’éloigne, que le doute s’estompe, que la honte et la culpabilité n’ont plus le pouvoir de te détruire, moins encore de te faire taire
Tu as rejoint cet enfant qui en toi crevait à petit feu, et te voilà désormais une femme, un homme debout, vivant, fier du chemin parcouru…

Ces mots, je les ai écrits pour toi qui me lis, qui es peut-être en ce moment même au fond du gouffre et désespères d’en sortir un jour…
Parce que cette vie, malgré tout ce qu’elle peut charrier comme souffrances, est aussi faite pour toi

Pascal HUBERT

*

I know the struggles you have to lead…

Not first against others, as too long believed, but first against yourself.
I know the vice that closes on the heart, that kills with loneliness and pain.
I know the weight of the days which, on your frail shoulders, weighs tons.
I know the confusion and those crazy ideas that overwhelm you and never seem to end.
I know those clearings that, instead of being a breath of fresh air, send you back to hell more painfully.
I know this hostile world that inhabits you and makes you a stranger to yourself and to others.
I know this harassment that oppresses you day and night and makes you say that you are good for nothing and that you don’t deserve to live.
I know that hellish voice, like haunting music that endlessly condemns you.
To give up all knowledge, all desire, all hope, drifted through the night…
I know the endless struggles that are played out and replayed in you,
exhausting, bruising, haunting, and leaving you without respite, in such a desperate search for a « you don’t know what »…
With tears for all consolation, with alcohol to fill in the gaps, with the thought of suicide to sweeten your days, like the last way out.
Here you are rolled, thrown at the bottom of the hole, in a dark night that must never end…

You lose your bearings, you leave the shore and your boat takes water from all sides. Your knowledge, your illusions, your plans and desires, are all thrown to the bottom. Keeping alone, far from your fellows, facing yourself, mutic, unable to understand what is happening to you, you can’t get ahead of anything, you don’t know anything anymore, you’ve lost your illusions.
What reputation ? What ideal ? Which image yet to save ? Your hands are empty, you are yourself like a block of dead wood and you seem to have left the world of the living…

But you are still unaware that the mutation is underway, that the destruction of your boat, alone, will allow your rebirth, that you will one day return to your fellows : because you first must die to finally know yourself and unify yourself, little by little !
You have to bring back the words that have escaped, and reach the hidden wound, unearth the secret that gnaws at you night and day…
It is only then and at that price which only you may know, that you would hope a rebirth and no longer run away…
And finally, unbelievably, loving you fully in truth, for the first time, you
will then know better who you are, and you won’t have anything yet to prove, so life would become lighter !

It is then when the murderous little voice would go far away, it’s then when the doubt will fade, when shame and guilt will lose their power on you, even less to silence you !
You have joined the child who was slowly dying deep in you, and now you are a woman or a man standing, alive, proud of the road traveled…

These words, I wrote them for you who are now reading me and, perhaps at that moment, at the bottom of the abyss and desperating to get up, one day…
Because this life, despite all that darkness it carries, is also made for you…

Pascal HUBERT, Belgian writer

Trad libre de VK

Linkedin 32.495.656891

Auteur de romans, nouvelles, poésies et essais « Rebelles homéostasiques ». http://www.monpetitediteur.com

*

« Sé las luchas que tienes que llevar : no primero contra los demás, como pensado durante mucho tiempo, sino primero contra ti-misma…Yo sé el garrote que aprieta en el corazón, que mata de soledad y de dolor ! Sé del peso de los días, de las toneladas con que aplasta tus frágiles hombros… Sé de esta confusión y de esas ideas locas que te abruman y parecen no cesar nunca… Yo conozco esos claros que, lejos de ser soplos de aire fresco, te mandan de regreso al infierno más doloroso. Conozco este mundo hostil que te habita y te vuelve extraña para ti y para los demás. Yo sé que te oprime dia y noche aquel acoso que te lleva a pensar que no vales para nada que no mereces vivir… Conozco esa voz infernal que te condena sin fin, como una inquietante musiquilla.

« Abandonar todo deseo y conocimiento, toda esperanza, y andar por la noche, a la deriva… Con estas luchas interminables que se desarrollan por dentro y se reproducen, agotadoras, magulladoras, obsesionales, dejándote en la busqueda desesperada por un « no sé qué », una y otra vez. Con tus lágrimas por consuelo, con alcohol quizás para llenar las brechas, con ideas de suicidio para suavizar ciertos momentos, pensando en una salida…

« Aquí estás al fondo del hoyo, hecha una pena en la oscuridad de una noche que no parece poder terminar : pierdes el rumbo, dejas la orilla en un bote que hace agua por todos lados… Tus ilusiones, tu conocimiento, tus planes y deseos, todo tirado por la borda. Estás sola, lejos de tus semejantes, frente a ti misma, sin voz, incapaz de entender lo que te está pasando. No puedes adelantarte a nada, ya no sabes nada, has perdido tus ilusiones : ¿qué reputación? ¿qué ideal? ¿qué imagen quisiera salvaguardar?

« Las manos vacías, pareces madera, ya no sabes aún si perteneces al mundo de los vivos !! Y, sin embargo, no sabes aún que la mutación está en marcha ni que tu barco hundiéndose te conduce a tu renacimiento, que no muy lejos están esas caras humanas que echas ahora de menos. Porque esta agonía es un embudo que te conduce a reunificarte poco a poco. Tienes que ir a la pesca de aquellas palabras que se te escaparon, llegar a la herida oculta, desenterrar un embroglio secreto que te roe día y noche.

« Y es entonces, con este precio que sólo tú sabes, cuando vas a poder renacer, sin huir ya nunca más. Y al final, increíblemente, vas a quererte a tí misma, de verdad, quizás por primera vez, con este respeto que no tuvieron por tí. Porque tú sabes mejor que nadie quién eres : ya no tendrás nada más que demostrar y la vida te será más ligera.

« Se alejará la vocecita asesina, se desvanecerá para siempre. La duda, la vergüenza y la culpa ya no tendrán poder para destruirte ni para silenciarte nunca. Porque te habrás reunido con la niñita que en tí se moría lentamente. Porque ya serás esta mujer de pie, viva, orgullosa de su camino…

« Estas palabras que lees, las escribo para tí, quizás en este momento en el fondo del abismo y desesperada por salir adelante, en busqueda de luz… Porque esta existencia, a pesar de sus lados oscuros, también está hecha para ti. »

Texto de Pascal Hubert, autor belga – traduce VK

N’hésitez pas à laisser un commentaire sur mon blog, un avis, une réflexion ou une suggestion…

ou à m’écrire à deviens.ce.que.tu.es333@gmail.com

3 réponses sur « Je sais les luttes qu’il te faut mener »

  1. Très beau texte .Mais ho combien emplie de tristesse ……… faut il traverser l enfer pour enfin renaitre ? il me semble qu’il n’est peut etre pas utile de descendre aussi bas dans les Abimes pour enfin aimer la Vie et s’aimer soi meme et surtout Aimer les autres

    Liké par 2 personnes

    1. Je te remercie. Mais, il ne s’agit pas d’un choix. Seulement d’une réalité qui s’impose à soi et qu’il faut un jour affronter. Pour ne plus se fuir, parce qu’il n’est plus possible de vivre encore dans le déni et de cacher son mal-être comme si de rien n’était…

      Liké par 1 personne

  2. C’est toute la symbolique du « Fils de l’Homme » (je le mentionne historiquement, bien sûr !) Mais c’est un thème couramment repris en littératures de tous les genres… Cela pourrait, de manière bien plus « humaine » et naturelle (comme dans ton texte) tendre une perche à de nombreuses et nombreux adolescentEs en recherche souvent dramatique d’identité. Un texte d’autant plus brillant que l’art d’écrire et de cerner les émotions s’y épanouit. Amitiés !!

    Liké par 1 personne

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