Avec Anne-Joëlle Philippart « L’anthropologie chrétienne : une humanité à deux vitesses ? »

Avec Anne-Joëlle Philippart

« L’anthropologie chrétienne : une humanité à deux vitesses ? »

A travers cet échange passionnant et instructif, il s’agira d’exhumer les non-dits derrière le « décor catholique ». Le concept d' »humanité à deux vitesses », base de l’anthropologie chrétienne, mérite en effet d’être mieux déconstruit et dénoncé. Nous partirons donc de quelques grands textes fondateurs de papes des 20ème et 21ème siècles qui entendent parler de « la » femme. Pour ainsi mieux comprendre les enjeux en termes de gouvernance dans l’Église et, dès lors, les blocages en termes d’égalité sociale…

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4 réponses sur « Avec Anne-Joëlle Philippart « L’anthropologie chrétienne : une humanité à deux vitesses ? » »

  1. Merci Pascal et Anne Joëlle pour ce formidable exposé.

    Sur Jacques le Juste, c’est très logique que ce soit l’héritier direct de Jésus. Car dans la culture juive, la passation d’une vocation, d’une autorité est toujours familiale. Elle ne se fait pas hors de la famille.
    Au moins les catholiques orthodoxes, les katolikos arméniens aussi savent ça et ont d’ailleurs une fête pour célébrer le fameux Jacques (fêté le 26 décembre il me semble, le jour où nous fêtons St Etienne, lapidé, alors que Jacques il l’est aussi d’une certaine façon par l’institution cléricale pour faire de Jésus un enfant unique qu’il n’a jamais été), frère de Jésus dont j’ai découvert l’existence, grâce à des carmélites orthodoxes quand j’étais enfant.
    Après échanges complémentaires avec de la famille juive, bien évidemment que pour eux aussi, la passation après la mort de Jésus, de la direction des apôtres se fait par les frères de Jésus et non par les apôtres. Parce que ça fait partie de la culture juive de base.
    Et ça je le sais depuis mon adolescence.
    Alors comment est-ce possible que des prêtres qui font je ne sais combien d’années de théologie ne sachent pas ça? Ca me sidère.
    N’ont-ils aucune curiosité ou bien croient-ils Jésus chrétien, plutôt que juif?
    Si l’institution cléricale avait deux sous de culture juive, ce qui voudrait dire des échanges réguliers avec les différents courants du judaïsme, ils sauraient ça depuis longtemps.

    Sur la Genèse, je trouve toujours bizarre que l’on en reste à Adam et Eve comme êtres différents.
    Alors que je pense qu’il s’agit davantage de polarités masculines et féminines dans un même être.
    Ce qui permet aussi de rattacher d’autres récits mythologiques assez proches dont l’androgyne de Platon. Mais on peut penser aussi à d’autres récits de culture asiatique avec l’arbre de vie et le serpent de la kundalini, qu’on retrouvera avec le yoga, le tantrisme et quelques récits hindouistes.
    Et puis il faudrait quand même parler de Lilith, dont bien évidemment notre clergé ne parle jamais.

    Et puis un truc qui me met hors de moi par rapport à Marie, complètement divinisée, est que dans les évangiles, elle va, à la naissance de Jésus, au mikhvé. C’est à dire au bain rituel mensuel de purification. Qui est pour les femmes réglées, un passage obligé si elles veulent pouvoir pratiquer leur foi juive de façon correcte et être admises à la synagogue. Et encore plus après une naissance où le sang est sensé souiller les femmes et les rendre impures.
    Si donc Marie était si pure, pourquoi va-t-elle se purifier?
    Aucun prêtre n’est capable de répondre à cela. D’une, parce que la plupart n’ont aucune culture juive ni ne connaissent ces pratiques. De deux, quand ils les connaissent, ça les met dans l’embarras pour la bonne et simple raison que ça replace Marie dans une position de femme ordinaire, soumise aux lois juives et donc ni vierge ni pure, ni divinisée. Mais simplement femme et mère comme n’importe quelle autre femme de sa culture et son époque et sa religion (juive).
    Ce qui veut dire que sa virginité comme sa pureté sont des créations cléricales pour les besoins institutionnels et pastoraux. Pas une réalité.
    Qu’il était, pour des questions de domination masculine, urgent de créer ce pendant de la déesse mère Isis pour mieux dominer les femmes. Alors que la mère de Jésus n’avait rien de particulier hormis qu’elle avait conçu Jésus hors mariage et avait failli se faire lapider pour ça. Et que sa survie, celle de Jésus n’ont été rendues possibles que par un arrangement (sans doute pas angélique mais plutôt financier, comme ça se faisait en pareil cas à cette époque pour les filles d’une condition sociale supérieure, alors que les filles de basse extraction n’ayant rien à offrir comme garanties, on préférait les lapider).

    La culture juive, l’Histoire et les us et coutumes de l’époque se heurtent de plein fouet au récit dogmatique clérical. Et c’est là que nous pouvons mesurer à quel point notre institution romaine instrumentalise Jésus, Marie mais aussi nous trompe sur la réalité.

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      1. Oh non, Pascal…j’ai tellement à apprendre sur tant de sujets…C’est juste que je m’interroge toujours pourquoi on ne fait pas le lien entre différentes cultures et mythologies pour essayer de comprendre ce qui a été écrit tant dans l’Ancien que le Nouveau Testament.

        Si l’on part du postulat de Bernarc Barc (un historien scientifique français des religions) que l’Ancien Testament a été écrit par la même personne, à savoir Siméon le Juste, aux alentours de -200 avant JC (dans le but de contrer et d’égaler la culture grecque et sa mythologie), on comprend pourquoi il se retrouve comme par hasard mentionné pour la présentation de Jésus au Temple (circoncision), afin de lier les deux récits: Ancien et Nouveau Testament. Si véritablement Jésus vient accomplir ce que Siméon a écrit, il faut que Siméon apparaisse dans le récit pour sacraliser Jésus, même s’il était probablement mort depuis longtemps, ce grand savant. C’est une politesse indispensable que ne peuvent ignorer les auteurs du Nouveau Testament. Un peu comme un salut au père fondateur. Tu vois le truc? C’est là que tu vois bien que ce qui reste important dans nos écrits chrétiens n’est pas tant la chronologie historique que la puissance des symboles et personnages accumulés et rassemblés dans le récit.

        https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1978_num_122_4_13537

        Là aussi personne n’en parle en dehors de Bernard Barc et d’autres scientifiques de l’Histoire des religions. Je trouve ça franchement bizarre.
        Et personne ne parle de la double hauteur du texte biblique alors que ça paraît là aussi central.
        Et intéressant également pour quelqu’un qui étudierait sérieusement la Bible.

        Je te rajoute le lien sur le livre de Mr Barc: c’est un pavé, mais qui peut-être pourra intéresser Anne Joëlle ou d’autres lecteurs.

        On y apprend plein de choses sur le judaïsme et notamment son aspect polythéiste y compris encore au temps de Jésus.

        Ce qui explique en partie l’échange que Jésus a avec la Samaritaine qui est juive, mais encore liée au courant polythéiste et non monothéiste.

        http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503553061-1

        D’autres liens intéressants sur le polythéisme juif:

        https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Maccab%C3%A9es#La_r%C3%A9volte_contre_les_S%C3%A9leucides

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Papyrus_d%27%C3%89l%C3%A9phantine#La_destruction_du_temple_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9phantine

        https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_du_Second_Temple#La_domination_lagide

        Là encore, essaie de trouver un théologien catho qui te parle de ça…autant chercher sur Saturne ou Pluton. ;-))
        Quand j’ai découvert cette réalité grâce à la conférence de Jean-Philippe Smadja, j’étais effarée. Tant de savoirs que nous devrions, nous en tant que croyants mais aussi que les clercs et religieux devraient savoir aussi…et que nous ignorons. Savoir qui se trouve encore limité et restreint aux seuls historiens scientifiques des religions. Mais que le grand public ignore encore. Alors que se sont les racines profondes de notre culture judéo-chrétienne.

        Libérer cette culture historique (comme a tenté de le faire Jean-Philippe Smadja avec son expérience d’historien des religions et sa culture juive de base) permettrait d’avoir une approche différente des religions, peut-être moins passionnelle et plus objective aussi. En lui apposant non plus seulement et uniquement des croyances mais des faits.
        Donc du fond tangible sur lequel s’appuyer.
        Et qui je pense, peuvent enrichir d’une compréhension nouvelle, nos lectures bibliques, évangéliques.
        Forcément limitées en terme de compréhension au seul discours clérical.

        Bises
        Françoise

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