Entretien avec François Devaux : « L’affaire Preynat ou les débuts de La Parole libérée… »

Avec François Devaux

« L’affaire Preynat ou les débuts de La Parole libérée… »


L’association « La Parole libérée » est créée en décembre 2015 à l’initiative d’anciens du groupe scout Saint-Luc, de Sainte-Foy-lès-Lyon, victimes dans les années 1980 du prêtre pédophile Bernard Preynat

Lors de la conférence de presse du 6 janvier 2016 à Lyon, les fondateurs de « La Parole Libérée » expriment au grand jour leur histoire et leur détermination à aller jusqu’au bout de cette « affaire Preynat » pour juger tous les responsables de ces crimes sexuels sur mineurs…

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4 réponses sur « Entretien avec François Devaux : « L’affaire Preynat ou les débuts de La Parole libérée… » »

  1. Merci Pascal pour cet entretien. Merci François de t’exprimer en ton âme et conscience, de façon très claire et très digne. Ça peut servir d’examen de conscience pour l’Eglise, en particulier pour ceux qui ont eu et ont la responsabilité de la conduire au nom du Christ Jésus. Le rappel fondamental et élémentaire que tu fais de la dignité à chacun d’eux est une gifle qu’ils doivent accepter s’ils veulent qu’on s’en sorte. Parmi plusieurs expressions bien venues, je retiens la réflexion sur la réparation de l’Eglise qui ne pourra pas se faire sans la réparation aux victimes d’abus de toutes sortes. Le nom de François est lié au message reçu par François d’Assise il y a huit siècles : » François, va et répare mon Eglise « . Saint François est malgré tout ton saint patron et je trouve très beau et très puissant que ce soit son message si essentiel que tu aies redonné. Merci pour ce que tu as été et pour ce que tu as fait durant ces années avec tous ceux qui ont été avec toi dans cette aventure.

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  2. Merci pour l’entretien avec François, Pascal. Merci à François d’avoir exprimé ce qu’il a exprimé.
    Personnellement je suis encore plus pessimiste que lui. Car sur la question de l’état, ce n’est pas une question d’argent (l’état trouve très bien l’argent pour sauver banques et doter et arranger différents groupes industriels, etc, etc, curieusement beaucoup moins pour l’hôpital, les questions de santé publique où l’on établit une procédure de rentabilité capitaliste qui n’a même pas lieu d’être pour des services publics), c’est une question de protéger la classe dirigeante surtout de poursuites judiciaires criminelles.
    Car la pratique de l’inceste comme de la pédophilie touche énormément les milieux de pouvoir et les milieux d’argent. Or il est plus facile de clouer au pilori et juger les classes modestes sur l’inceste, la pédophilie que d’aller poursuivre les classes bourgeoises et nobles sur sur chapitre.
    Il n’est qu’à regarder ce qui est arrivé à Laurent de Villiers pour se rendre compte du verrou complet et de la mise sous séquestre de l’inceste qu’il a subi dans son milieu aisé de grande famille noble et politique très catho. Et l’obligation où il s’est trouvé de devoir couper non seulement les ponts avec les siens mais vivre dans un autre pays pour pouvoir se reconstruire et vivre une vie normale sans avoir la pression de sa famille incestueuse. Ca en dit long sur la capacité de nuisance du milieu des grandes familles, secondé par certains tribunaux et certains politiques pour taire les affaires qui fâchent.
    Si je prends également les pressions exercées sur Jean-Pierre Mocky quand il avait sorti son film les Ballets écarlates, dénonçant justement la pédophilie orchestrée par la grande bourgeoisie et les milieux politiques, c’était quand même assez éclairant de la posture de l’état et des milieux de pouvoir et même du milieu institutionnel du cinéma sur ces questions-là.
    Et malheureusement, par le passé, l’Eglise a été partenaire de l’état pour opprimer des enfants principalement des classes modestes, faire de la rééducation assortie de pédophilie, de tortures physiques, morales via couvents-prisons et bagnes pour garçons. L’Eglise a reçu des utilités publiques assorties de dotations financières durant près d’un siècle voire plus.
    Donc quand il s’agit pour les classes dirigeantes et le haut clergé et l’état d’opprimer les classes populaires, y a aucun problème. Et malheureusement, les stratégies menées sont les mêmes.
    Les Suisses qui ont abordé ces questions depuis plus longtemps le savent malheureusement très bien. Que ce soit sur la question des Yéniches ou la question des enfants placés dans le cadre du projet Pro Juventute.
    L’Eglise suisse n’a admis ses responsabilités criminelles dans ces projets que très récemment. Il a fallu que la Confédération avoue sa responsabilité pleine et entière d’abord, pour qu’ensuite, l’Eglise via Mgr Morerod notamment, admette sa responsabilité et travaille à la réparation et à livrer l’information aux victimes sur leurs dossiers. C’est lamentable, mais c’est comme ça que ça s’est passé.
    L’Irlande est dans un entre-deux dont on ne sait si le pays basculera du côté Suisse ou maintiendra une position de je reconnais sans reconnaître la double culpabilité Etat+ religions institutionnelles.
    En France, chez nous, sur différents projets comme les couvents prisons et les instituts pénitentiaires religieux pour garçons où il y a eu les mêmes horreurs, il faudra attendre que l’état admette sa co-responsabilité pour que l’Eglise puisse, acculée, admettre la sienne.
    C’est toujours quand l’institution ne peut plus faire autrement qu’elle avoue et qu’elle admet ses crimes.
    Pour n’importe quel épiscopat c’est comme ça. Ca l’est aussi pour le Vatican.
    Tant que l’institution cléricale romaine peut penser encore tromper et maintenir dans l’ignorance les croyants concernant sa responsabilité et ses dérives, elle n’admettra jamais ses crimes.
    Au nom du pouvoir, au nom de l’argent. Au nom de la domination et de la caste qu’elle constitue, au moins pour les hauts-clercs. Au nom d’un fantasme de toute-puissance infantile dont elle ne s’est jamais départie.
    Dans l’affaire Lawrence Murphy (voir l’excellent documentaire d’Arte, Mea Maxima Culpa) aux US, Patrick J. Wall qui a fait partie un temps de l’Eglise en tant que clerc et que l’institution a envoyé dans différents diocèses américains pour modérer les protestations des victimes de pédophilie cléricale et les faire taire, l’explique très bien.
    Dans l’Eglise (institution cléricale), il y a un seul prêtre qui véritablement a tapé du poing sur la table et recommandé l’éviction et le jugement pénal des prêtres pédophiles, c’est Gerald Fitzgerald, de l’Institut des Serviteurs du Paraclet, ce dès 1947. Il a précisé très tôt dans un rapport très détaillé au Vatican, qu’il n’a cessé de tenir à jour et d’annoter, que les prédateurs sexuels cléricaux étaient irréformables. Qu’il fallait les destituer de leurs fonctions, les juger au pénal et les enfermer à vie. Pour éviter de faire de nouvelles victimes, protéger familles et enfants. C’est sa recommandation et il a mis en place des mesures pour ça. Et jusqu’en 1965 avec le soutien papal, il a tenté à Jemez Springs au Nouveau Mexique et dans différents centres dont un en France (tenu secret), de traiter le problème pédophile et criminel chez les clercs.
    Pourquoi en 1965, Paul VI stoppe ses activités et refuse de faire enfermer les clercs (comme Fitzgerald le préconisait) et met fin à l’idée de l’internement définitif sur les îles Grenadine des clercs criminels? On ne le sait toujours pas à l’heure d’aujourd’hui.
    Aucun pape, aucun haut-clerc, aucun clerc n’est capable de parler de ça ouvertement et d’expliquer ce revirement total de politique sur ce sujet précisément.
    C’est effroyable de mépris, de violence, de condescendance, d’hypocrisie aussi.
    Et c’est profondément criminel car si véritablement, il y avait eu sincèrement une réelle volonté de traiter le problème après 1965, et de soutenir le projet de Gérald Fitzgerald, jamais il n’y aurait eu autant de victimes, l’institution cléricale vaticane pourrait garder un peu de crédit et la Parole Libérée n’aurait pas eu besoin d’être créée car les problèmes criminels pédophiles cléricaux auraient été traités en interne et de façon juste. Donc limitant les victimes. Et si ça se trouve, François et ses copains n’auraient jamais été victimes de Preynat. Preynat aurait été identifié plus tôt et pris en charge, probablement interné, en faisant très peu de victimes. Et bien d’autres prêtres pédocriminels avec lui.
    Comment le pape François peut continuer à verrouiller ces informations sans la honte au front?
    Comment notre épiscopat français ne prend-t-il pas la parole publiquement pour s’amender un peu sur ce sujet en révélant où était le centre du Paraclet français traitant les prêtres pédophiles français? L’épiscopat doit au moins ça aux victimes. C’est un minimum de mettre cartes sur table…
    Comment ce silence peut-il perdurer encore alors qu’il y a eu les affaires pédophiles cléricales que l’on sait?
    C’est incompréhensible. Et c’est d’une gravité sans nom.
    Faudra-t-il attendre un procès international pour crimes pédophiles organisés par l’institution vaticane pour enfin avoir une réponse.

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