Avec Paule DECROP : « Inceste à huis-clos. »

Avec

Paule DECROP

« Inceste à huis-clos. »

De ses quatre à sept ans, Paule a été incestuée par son grand-père maternel. Prendre enfin conscience ou survivre dans le déni ? Briser le silence ou se taire à jamais ? Paule, elle, a choisi de fracturer la chape de plomb qui s’était abattue sur sa famille et sur elle. Pour elle, pour les autres. Pour libérer la parole, pour éviter que cela ne se reproduise.

Avec Paule, nous partirons aux confins de l’indicible…

Un matin d’hiver, je me trouvais dans un train à l’arrêt en gare de Bellegarde et une petite fille d’une dizaine d’années était sur le quai. Deux femmes se tenaient près d’elle et quand celle qui pouvait être sa mère l’a quittée pour monter dans une voiture cette petite fille n’a eu aucune réaction. Épaules tombantes bras ballants elle est restée là immobile figée ne disant rien ne manifestant rien sauf que de grosses larmes glissaient sur ses joues et qu’on la sentait perdue dans un abîme de solitude accablée par une détresse qui la rendait inconsolable. Deux ou trois ans ont passé depuis ce jour mais de temps à autre il arrive encore que réapparaisse en moi ce petit visage en larmes pétrifié par la souffrance.

Charles Juliet

Si d’autres personnes désirent témoigner à leur tour, rien de plus simple :

Adressez-moi un simple mail à hubert.pascal7@gmail.com ou deviens.ce.que.tu.es333@laveritesijemens242355175

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ou à m’écrire à deviens.ce.que.tu.es333@gmail.com

6 réponses sur « Avec Paule DECROP : « Inceste à huis-clos. » »

  1. Nous sommes une vague infinie, prêtEs à témoigner au nom de ces milliards d’enfants dont la société se riait, les considérant comme des idiotEs de village ou comme des proies.

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  2. J’ai rencontré plusieurs victimes, sur mon chemin de pair-aidant, qui sont prisonniers de la même colère que ton frère Xavier. Et beaucoup d’autres qui ont senti, comme toi et moi, la nécessité de fuir le pays de leur naissance, leur terroir contaminé : pour retrouver une « virginité » comme a dit Pascal dans l’interview, mais l’identité émotionnelle reste toujours vierge. C’est notre âme, c’est le jardin secret que nous pouvons arriver à restaurer, en chassant les importuns toxiques, en le nettoyant pour y planter des fleurs : des enfants et des amiEs chériEs (souvent d’autres survivantEs car ce sont des personnes qui connaissent la valeur et le prix de l’authenticité, le rejet du mensonge et le refus de toute corruption.

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  3. Bravo Paule d’avoir atteint ce moment et bravo pour le courage et la détermination qui t’ont menée jusqu’à ce témoignage, réalisé avec beaucoup de classe, acceptant de livrer tes sentiments et tes émotions, dans le risque total, de manière absolument altruiste.

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  4. Un très beau et poignant témoignage.
    Courage et force et lumière pour tout, Paule.
    Je ne suis pas étonnée concernant les comportements du tribunal de Versailles.
    Il est réputé pour ces genres d’affaires, malheureusement.

    Sans aller jusqu’à changer de pays, je suis aussi partie très loin de la famille après l’inceste.
    J’avais besoin de me reconstruire hors de ce climat toxique et dans un décor que j’aurais véritablement choisi.

    Comme vous, je n’ai pas encore pu montrer ma maison d’enfance à ma fille ni la région où j’ai grandi. Et j’ai encore du mal à envisager revoir certains lieux, parce que trop douloureusement chargés de souvenirs. Par contre, j’ai réussi à trouver un lieu racinaire débarrassé du poids douloureux du passé tout en étant le berceau originel de mes ancêtres paternels et maternels. J’y ai conçu ma fille. Ce qui m’a réancrée doublement (en tant que fille et femme mère) sans pour autant ramener de la douleur ni la laisser en héritage à ma fille.
    J’espère qu’un jour, il en sera de même pour vous.
    C’est toujours compliqué de trouver le juste équilibre. Chaque jour est à recommencer. Rien n’est jamais acquis. Tout est mouvant. Si au départ, je trouvais ça très perturbant et usant, violent, plus j’avance et plus je me dis que c’est aussi une chance.
    Parce que ce que nous avons construit malgré tout nous appartient. Et au fil du temps, on gagne en sérénité, en paix sans pour autant parler de résilience, un mot qui est devenu tellement un fourre-tout commercial et qui arrange tellement la conscience aussi bien de nos bourreaux que celle des juges et de la société.

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