avec Édie SALOMÉ : « Ils ont volé nos jeunes années. Témoignage sur l’emprise de l’Église et des sectes. »

Avec

Édie SALOMÉ

« Ils ont volé nos jeunes années. Témoignage sur l’emprise de l’Église et des sectes. »

Il était une fois l’emprise…

« À la fin de leur causerie, les deux religieux nous demandèrent d’écrire ce qu’on voulait faire plus tard. À ma liste de marin, soldat, jardinier, je rajoutais missionnaire. Ils ramassèrent les feuilles et ils s’en sont allés avec. Ils sont revenus dans l’après-midi. L’un d’eux, intimidant, le visage carré et barbu comme le capitaine Charcot, me prit à part :

— Alors tu veux être missionnaire ? Je l’avais mis sur le papier, je n’allais pas me dédire. — Je veux bien, oui. »

Édie SALOMÉ

Comme le disait déjà Nietzsche : « Tous mes respects pour l’idéal ascétique, tant qu’il est sincère, tant qu’il a foi en lui-même et qu’il ne joue pas la comédie. Mais je ne puis souffrir toutes ces coquettes punaises qui mettent leur ambition sans frein à flairer l’infini jusqu’à ce que l’infini fleure la punaise ; je ne puis souffrir ces sépulcres blanchis qui parodient la vie, je ne puis souffrir ces êtres fatigués et aveulis, qui se drapent dans la sagesse et se donnent un regard ‘objectif’ ; je ne puis souffrir ces agitateurs travestis en héros, qui ceignent leur tête d’épouvantail à moineau du heaume magique de l’idéal. »

Friedrich Nietzsche, La généalogie de la morale

POUR ALLER PLUS LOIN :

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3 réponses sur « avec Édie SALOMÉ : « Ils ont volé nos jeunes années. Témoignage sur l’emprise de l’Église et des sectes. » »

  1. Bonjour,

    Je suis très touchée par vos réflexions qui rejoignent les miennes.

    Il faut des décennies et décennies de combat spirituel, psychologique, philosophique et théologique pour en arriver à accepter un passé fait de mal absurde autant qu’absolu dans une église qui a perdu sa vocation d’annoncer une nouvelle de Vie et non pas de mort.

    Je peux toujours attendre de l’institution ecclésiale une repentance qui ne viendra pas, puisqu’ils sont aveugles et conducteurs d’aveugles.

    Je peux toujours entrer dans la haine et la vengeance, mais je m’entraînerais dans ma propre chute et dans le gouffre de la rancune et du ressentiment.

    J’ai donc passé des décennies à écrire, à essayer de comprendre l’incompréhensible, à lire des livres psychologiques, philosophiques, théologiques, à prendre des cours, à traiter mes traumas. Je n’ai donc pas perdu mon temps.

    Mais l’apaisement intérieur m’est advenu que récemment quand, dans un profond respect de ma propre souffrance, j’ai écrit ma parole de vérité à l’église sectaire qui m’a tant broyé la vie.

    Puis, après mûre réflexion et un intense et douloureux débat intérieur, je leur ai écrit un dernier courrier pour « remettre la dette à mes débiteurs ». J’ai posté ma lettre. Puis devant Dieu, j’ai sangloté de tout mon être ces nombreuses années volées et les séquelles des abus que je garde encore en mon corps.

    « Remettre la dette » a été pour moi une manière de me distancer physiquement, psychologiquement et spirituellement de mes débiteurs. C’est donc un acte de libération dans lequel je remets mon besoin de justice entre les mains de Dieu, lui le juste juge. C’est aussi un acte de libération pour que mon passé n’empiète plus sur mon présent et pour donner un sens à ma vie.

    Mais quelles douleurs et quel long, très long, trop long chemin d’acceptation de ma vie telle qu’elle a été et telle qu’elle est actuellement pour arriver à être en paix avec moi-même et avec mon Dieu.
    Comme écrit si justement Elie Wiesel après la Shoah : il faut accepter la douleur de la foi pour ne pas la perdre.*

    Bien à vous
    Claire-Lise Rosset

    (* Tous les fleuves vont à la mer. Mémoires 1, Elie Wiesel , Ed du Seuil 1994, p. 121)

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  2. Bonjour Monsieur,

    Je vous remercie de votre réponse.

    Il est connu que les victimes de crimes sexuels ou d’abus de toutes sortes, soient ravagées par la culpabilité et la honte, comme si elles devenaient le porte-manteau de ces sentiments négatifs qui appartiennent à leur bourreau.

    Outre le fait que la fonction de la culpabilité chez la victime est de reprendre le contrôle sur son destin et sur son sentiment d’impuissance, il y a un processus d’identification à l’agresseur si cher à Sandor Ferenczi, un psychanalyste hongrois mort en 1933. En 1999, Ciconne a appelé cette fausse culpabilité « les fantasmes de culpabilité ».

    « Un autre aspect du vécu de l’agression sexuelle est la passivité psychique, c’est-à-dire la souffrance d’avoir été contraint de subir sans pouvoir réagir. Il s’ensuit un mal-être durable, une dépréciation de soi, un sentiment d’humiliation qui constituent une des émotions parmi les plus douloureuses qui soient. La victime s’en veut de ne pas être au niveau de son idéal du moi qui aurait été de ne pas subir et de se défaire de l’emprise de l’autre. Ce thème, qui provoque une souffrance bien plus grande que la contrainte physique, nourrit davantage encore la culpabilité. » *

    Aussi « remettre la dette à son débiteur », même si le prix est lourd à payer, est une manière pour la victime de renvoyer à son bourreau TOUTE la responsabilité et la culpabilité des crimes subis, que ce soit du registre pénal ou pas. En ce sens, pour la victime, c’est une libération psychique et spirituelle. C’est comme si on prenait une grosse tenaille pour couper le dernier chaînon qui la lie à son agresseur.

    Mais avant de parler de « remettre la dette à son débiteur », il faut que la notion de justice soit travaillée. Je suis étonnée, quand je lis les textes bibliques, à quel point la justice vient en priorité, bien en amont de la paix et la charité. On a fait assez de dégâts chez les victimes en l’oubliant. Il faut que cette perversion du langage théologique s’arrête pour la libération des victimes et le transfert de la responsabilité totale sur son agresseur.

    Bien à vous
    Claire-Lise Rosset

    (*cf Les blessures de l’intimité, Roland Coutanceau, Odile Jacob, 2014, p. 178, 179, 187, 188)

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